Dépêches

Haïti –Droit au logement/expulsions forcées : Amnesty international appelle à l’intervention des autorités haïtiennes


mardi 23 avril 2013

P-au-P, 23 avril 2013 [AlterPresse] --- L’organisation Amnesty International déplore la passivité du gouvernement haïtien face aux évictions forcées des familles sinistrées dans le séisme du 12 janvier 2010 et demande aux dirigeants d’intervenir pour y mettre fin.

« Le gouvernement ne dit rien, [ni] si des décisions sont prises pour contrer ces agissements (…) », critique Chiara Liquiori, chercheuse à Amnesty international, lors d’une conférence de presse, ce mardi 23 avril 2013, au local du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

D’après Amnesty, les dirigeants politiques haïtiens disent qu’ils n’ont rien à voir avec les déguerpissements forcés, opérés dans plusieurs camps de personnes déplacées situés dans l’aire métropolitaine de la capitale Port-au-Prince.

Cependant, si les autorités nient leur implication dans ces actes, « elles les tolèrent » et, de fait, se font complices des malfaiteurs, estiment le groupe d’Appui aux rapatriés et aux réfugiés (Garr) ainsi que la force de réflexion et d’action sur la question du logement (Fòs refleksyon ak aksyon sou koze kay / Frakka).

Amnesty International invite l’administration Martelly/Lamothe à « adopter un moratoire sur l’ensemble des expulsions forcées », en guise de bonne foi.

L’expulsion ne devrait être que le dernier recours, souligne Amnesty international ajoutant qu’il ne faut que « la volonté politique » pour prendre une telle décision.

La tâche de la reconstruction peut être rude, mais la cessation des expulsions forcées représente une « obligation » de l’État, dans le cadre du respect des droits au logement, dont les citoyens devraient jouir, reconnaît l’organisme international de défense de droits humains.

Entre juillet 2010 et mars 2013, le nombre de victimes d’expulsions, dans les camps de personnes déplacées après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, s’élève à 65 mille personnes, signale Amnesty International qui vient de publier un nouveau rapport sur la situation des sinistrées du séisme de 2010 en Haïti.

Ces citoyennes et citoyens défavorisés abandonnent leurs abris de fortune, généralement sous la menace d’individus, armés de « couteaux ou de machettes » et s’identifiant, parfois, comme des délégués du pouvoir exécutif, quand ce ne sont pas visiblement des agents de la police haïtienne.

Où vont les personnes déguerpies ?

Les personnes déguerpies n’ont « nulle part où aller » (ce qui est d’ailleurs le titre du rapport de recherche de l’organisation internationale), relèvent les dernières recherches d’Amnesty International.

« Ce sont des mères, des femmes et des enfants, qui se retrouvent dans les rues », déplore Chiara Liquiori.

Ce qui vient augmenter la souffrance et la misère de ces victimes.

Elles sont aujourd’hui 75,000 mille personnes, exposées à des évictions de force. [srh kft rc apr 23/04/2013 14:10]