Développement durable

128e assemblée de l’Union inter-parlementaire (Uip)

Le président du sénat d’Haïti plaide pour une croissance économique, respectueuse de l’environnement


mercredi 27 mars 2013

P-au-P, 27 mars 2013 [AlterPresse] --- A la 128e assemblée de l’Union inter-parlementaire (Uip) - qui se déroule à Quito (Équateur), du 22 au 27 mars 2013 -, le président du sénat de la république d’Haïti, Dieuseul Simon Desras, a souhaité l’élaboration d’un véritable plan stratégique quinquennal pour sortir des schémas de croissance économique non durables et éviter de causer des dégâts écologiques irréversibles au pays, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Une croissance verte et solidaire implique la prise en compte du respect de l’environnement, préconise Desras, dans un discours prononcé le 23 mars, à l’assemblée inter-parlementaire où Haïti a été sélectionnée parmi les 24 pays premiers orateurs.

Au-delà de 2013, les voies d’une croissance maîtrisée en Haïti devraient passer par la construction d’une économie verte et solidaire.

Les évolutions négatives de la croissance du pays sont dues aux choix économiques et politiques néfastes des dirigeants haïtiens, reconnaît-il.

« Nous devons nous attaquer à des situations de blocage, de type politique et économique, et lutter contre des comportements et normes sociales généralement acceptés de presque tous », encourage Desras.

Les pistes de la reconstruction d’Haïti devraient intégrer, dans un premier temps, un renforcement des institutions de l’État, la mise en ouvre d’investissements publics dans l’éducation et le social ainsi que l’attraction des investissements directs étrangers, indices pertinents de la croissance des économies.

« Nous avons besoin d’indicateurs, qui prennent en compte l’ensemble des richesses, y compris le capital naturel (eau, terre, air, et écosystèmes et « services environnementaux » associés). Ainsi, pourrions-nous intérioriser la problématique de la croissance durable sur le long terme », conseille t-il.

Desras appelle à la correction des défaillances des marchés, des politiques et des instruments qui conduisent à la surexploitation des ressources naturelles.

La route pour assurer le bien-être de la population sera longue et difficile, ajoute-t-il, soulignant que cela doit se faire loin des facilités d’une aide, trop souvent factice et sans garantie de lendemain.

Dans une perspective pour rejoindre la vision équatorienne, Haïti voudrait développer des politiques économiques et sociales qui dépasseraient effectivement l’assistanat pour privilégier l’accès à l’emploi, annonce le président du sénat haîtien.

La refondation économique et sociale devrait sous-tendre la considération et le respect de l’effort, le soutien à l’accroissement de la productivité, à travers un renforcement des compétences professionnelles et la mise en place d’instruments de promotion de l’activité, croit le parlementaire.

En ce sens, l’accès au crédit ou aux aides à la création des entreprises, le développement de zones industrielles classiques ou de zones de développement intégré, y compris touristique, devraient être mis en évidence, soutient le président du sénat.

Quoi qu’il en soit, la concrétisation de tels discours st souhaits n’est pas observée dans la réalité.

Au contraire, les pratiques publiques en Haïti tendent à privilégier une économie ultra-néolibérale au détriment de la perspective d’un développement véritablement durable et solidaire.

Créée en 1889, l’union inter-parlementaire est l’organisation des parlements des États souverains dans le monde.

Sa naissance se situe dans le contexte des idées pacifistes, développées au milieu du 19e siècle.

Se voulant le foyer de la concertation à l’échelle mondiale, l’union inter-parlementaire (Uip) a pour vocation de faire la promotion de la paix et de la coopération entre les peuples par la voie parlementaire.

Elle entend également susciter l’épanouissement et la consolidation des institutions représentatives dans un très grand nombre de pays. [emb kft rc apr 27/03/2013 11:30]