Dépêches

Haïti-Duvalier : Des organisations de droits humains saluent la cour d’appel qui exige un mandat d’amener contre l’ex-dictateur


vendredi 22 février 2013

P-au-P, 22 févr. 2013 [AlterPresse] --- Cinq organisations nationales et internationales de droits humains manifestent leur satisfaction par rapport à l’ordre de la cour d’appel au ministère public de décerner un mandat d’amener contre Jean Claude Duvalier.

Celui-ci devra être amené, si nécessaire par la force à la cour d’appel le 28 février prochain, ordonnent les juges lors de la séance du 21 février boudée par Duvalier.

De façon unanime les cinq organisations de droits humains, dont Human Rights Watch, Amnesty Internationale, le Collectif pour juger Jean Claude Duvalier (sigle créole Kosyjid) et le réseau national de défense des droits humains (Rnddh), ont salué cette décision.

« Le résultat obtenu hier est une avancée. Ce n’est pas encore une victoire, mais ça été une longue lutte. C’est le travail acharné, assidu, pénible, pendant deux ans où la justice a donné des rebuffades, mais les groupes de plaignants ont tenu bon pour arriver jusque là », explique la coordonnatrice du Collectif contre l’impunité, Danièle Magloire.

Magloire inscrit le combat actuel des victimes de la dictature duvaliériste dans le cadre de la lutte contre l’impunité et le révisionnisme de l’histoire haïtienne. Elle signale particulièrement à cet égard, la tendance de l’un des avocats de Jean Claude Duvalier à essayer de le faire passer pour un honnête homme.

Pour sa part, la représentante de Amnesty internationale, Beatrice Vauglante, manifeste sa préoccupation par rapport au fait que Duvalier détient un passeport diplomatique, ce qui lui confère une certaine marge de mobilité.

« Cette affaire c’est un test pour la justice haïtienne, juger Jean Claude Duvalier dans le contexte d’un procès équitable, où ses victimes ont pour la première fois la possibilité de prendre la parole et d’expliquer ce qui leur est arrivé », relève Reed Brody, conseiller juridique et porte parole de Human rights watch.

« Cette décision ouvre une brèche dans le mur de l’impunité et d’immunité que Jean Claude Duvalier a construit autour de lui. Maintenant il incombe aux autorités haïtiennes, au ministère public de s’assurer que ce dictateur soit présent jeudi prochain », poursuit-il.

Le conseiller juridique critique aussi sévèrement la stratégie des avocats de Duvalier qui tentent d’écarter les victimes de l’affaire, et l’associe en même temps à la défense de criminels reconnus à l’image de Slobodan Milosévic et Augusto Pinochet.

A cette stratégie il répond, utilisant un proverbe haïtien : « Bay kou bliye, pote mak sonje » (littéralement : celui qui a porté le coup peut oublier mais pas celui qui en porte la cicatrice). [jep kft gp apr 22/02/2013 15 :25]