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A la veille de la journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre

Haïti-Caracol : Manifestation d’agriculteurs contre l’accaparement des terres de la zone

A 10 jours de l’inauguration du parc industriel
mardi 16 octobre 2012

Correspondance Wedlyne Jacques

Cap-Haïtien, 16 oct. 2012 [AlterPresse] --- Plusieurs dizaines d’agricultrices et d’agriculteurs ont élevé leurs voix, dans la matinée du samedi 13 octobre 2012, pour protester contre la prise de plusieurs carreaux de terre dans la première section communale de Champin, sur l’habitation Madras, à Caracol (commune du Nord-Est d’Haïti, à environ 25 km du Cap-Haïtien), où doit être inauguré un parc industriel le 22 octobre prochain, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

« Le pays n’a jamais bénéficié des promesses faites. Nous, agriculteurs, sommes renversés devant l’accaparement des terres fertiles que nous occupons depuis plusieurs générations » figurent parmi les desiderata exprimés par les manifestantes et manifestants.

Les protestataires du 13 octobre à Caracol signalent une rareté d’haricots (pois) locaux, au profit d’haricots importés, depuis début août 2012 sur le marché de la zone, qu’ils attribuent à la décision de mettre du béton et divers types de construction (dont des logements en dur) sur des terres agricoles.

Les types de construction en dur, à partir des lotissements remarqués depuis quelque temps, pourraient être établis dans les espaces semi-arides qui existent dans la zone de Caracol, déclarent-ils.

La mesure locale appelée gode (environ ¾ livre) d’haricots est passée de 35.00 gourdes à 50.00 gourdes (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui).

Les agricultrices et agriculteurs, qui ont manifesté le 13 octobre dans les rues de Caracol, demandent une restitution des portions de terre, en train d’être acquises depuis 2011 par des absentéistes et grandons disposant de capitaux importants.

Le mouvement du 13 octobre entend attirer l’attention sur l’aggravation des conditions de vie, notamment la cherté de la vie qui frappe les agricultrices et agriculteurs à Caracol, confrontées à de nombreuses difficultés pour pouvoir envoyer leurs enfants à l’école et subvenir à d’autres besoins fondamentaux, indiquent les manifestants.

Ils annoncent la poursuite de leur mouvement pour empêcher qu’ils soient dépossédés des terres sur lesquelles diverses générations d’entre eux ont vécu.

Beaucoup de générations se sont succédé dans la pratique de l’élevage de bovins et de cabris, de la culture de la banane, des haricots, du légume local appelé Kalalou / gonbo, entre autres productions.

En plus du site de Chabert, qui abrite actuellement le parc industriel de Caracol, Les manifestantes agricultrices et manifestants agriculteurs du 13 octobre 2012 dénoncent les membres d’un ancien cartel municipal (sous l’administration de l’ancien président René Garcia Préval), qui, disent-ils, seraient de connivence avec « les nouveaux propriétaires » de terres de Madras en facilitant la légalisation de dossiers d’acquisition en faveur de ces derniers.

Zone fertile, avec des exploitations agricoles les plus prospères dans la commune, Chabert est progressivement transformée, entre 2011 et 2012, en une masse de béton et d’édifices inadaptés à la réalité agricole, déplorent plusieurs des manifestantes et manifestants faisant état des souffrances endurées avec le choix politique de l’implantation d’un parc industriel dans cette zone de Caracol.

Diverses branches de l’opposition à l’administration politique actuelle envisagent de gagner les rues du Cap-Haïtien, le mercredi 17 octobre 2012 (206 e anniversaire de l’assassinat du principal fondateur d’Haïti Jean Jacques Dessalines), pour manifester contre la cherté de la vie, le chômage ainsi que le laxisme du pouvoir en place face à la dégradation du niveau de vie de la population. [wj rc apr 16/10/2012 0:00]