Regard

Hugo Chavez, le rebelle


jeudi 4 octobre 2012

Par Roody Edmé *

Spécial pour AlterPresse

Ce dimanche 7 octobre 2012, c’est le jour des élections au Venezuela.

Le président Hugo Chavez est en pôle position pour un quatrième mandat au sommet de son pays. L’homme voudrait continuer à diriger le Venezuela pendant encore longtemps, tellement assuré des succès incontestés de sa formule de république bolivarienne.

En face de lui, un candidat unique, le sieur Henrique Capriles, d’une opposition qui n’a pas fini de fédérer ses forces pour faire tomber le caballero.

Il se trouve que, sous son administration, la situation globale des plus démunis s’est améliorée. Le président a su utiliser les immenses revenus du pétrole pour financer des programmes sociaux qui ont surtout profité aux plus faibles. Ce qui fait qu’en dépit d’une corruption latente et d’une insécurité rampante, le chavisme semble encore avoir de l’avenir.

Ajouter à cela, une certaine image de rebelle nationaliste, qui a toujours fait recette dans un sous-continent qui garde des traces profondes de la politique « impériale » des États-Unis d’Amérique. Hugo Chavez fait tout pour incarner le petit David, qui utilise sa « fronde pétrolière » pour damer le pion à son puissant voisin et jouer dans la cour des grands.

L’homme est un baroudeur, bardé d’idéologie, mais qui n’est pas aussi ridicule, comme on voudrait le faire paraître dans la grande presse occidentale. Il a un discours conséquent sur les grands défis de l’heure et dit au moins une chose vraie : il existe quelque chose de pourri et de détraqué dans le casino financier qui menace de ruiner les démocraties occidentales.

Il fantasme sur des foules européennes indignées qui, d’Athènes à Lisbonne, de Madrid à Paris déferleraient sur les places publiques en agitant des portraits de Simon Bolivar. Son socialisme serait, du moins le souhaite-t-il, celui qui ressusciterait le débat idéologique, moribond depuis la chute du mur de Berlin.

Mais, Hugo le rebelle, en dépit de son aura de « résistant international » et de quelques batailles gagnées sur le terrain social, n’a pas résolu l’équation dictature versus démocratie sociale.

Une bonne partie de la population, pas forcément les plus riches, a parfois du mal à s’exprimer. Le pays reste sous haute surveillance depuis le coup d’État de 2002 qui faillit faire chuter « el Comandante ».

Le pétrole, qui constitue le nerf de la guerre que mène le bouillant officier contre les impérialismes, est aussi son talon d’Achille, parce que dépendant, tout de même, des marchés américain et européen et des traders du très détesté Wall Street.

Dimanche soir 7 octobre 2012, nous connaîtrons le destin politique de cet homme, qui aura marqué, de façon singulière, l’histoire de notre région et qui se bat contre un ennemi, intérieur et intime, le cancer.

* Éducateur, éditorialiste