Dépêches

Haiti-Politique : A l’appel de Fanmi Lavalas, plusieurs milliers de personnes marchent contre le gouvernement


dimanche 30 septembre 2012

Actualisé à 19:00

P-au-P., 30 sept. 2012 [AlterPresse] --- Une manifestation antigouvernementale de plusieurs milliers de personnes est parvenue ce 30 septembre aux abords du palais présidentiel.

La manifestation, organisée par Fanmi Lavalas de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, visait à marquer l’anniversaire du coup d’État militaire de septembre 1991, qui avait renversé Aristide du pouvoir, lors de son premier mandat.

Le mouvement avait également pour objectif de dénoncer l’augmentation des prix des produits de première nécessité et la « corruption » au niveau de l’administration du président Michel Martelly.

Les manifestants, encadrés par la police, ont parcouru plusieurs rues de la capitale en scandant des slogans hostiles au chef de l’État, ont constaté des journalistes.

Parmi les personnalités remarquées dans la foule, figuraient le sénateur Jean Charles Moise, les ex sénateurs Louis Gérald Gilles et Paul Denis, ancien ministre et dirigeant de la formation politique Inite, de l’ancien président René Préval.

Schiller Louisdor, membre de la direction de Fanmi Lavalas, estime que la détérioration des conditions de vie des couches populaires est « la conséquence des coups d’État » qui ont eu lieu durant les 25 dernières années.

A propos de la situation actuelle, marquée par l’augmentation vertigineuse du cout de la vie, Louidor demande au gouvernement « de se ressaisir » afin d’apporter des solutions appropriées aux problèmes posés.

« Nous voulons dire au président que nous n’acceptons pas cette situation de misère », ajoute-t-il, précisant que les promesses de bien-être, formulées durant la campagne électorale, doivent être concrétisées.

Plusieurs manifestations anti-gouvernementales ont été enregistrées dans plusieurs régions du pays durant les semaines écoulées. Le Cap-Haitien (Nord), deuxième ville du pays, et les Cayes (Sud), troisième ville, ont été touchés.

Des organisations socio-politiques, qui ont appelé à une grève générale au Cap-Haïtien pour ce lundi premier octobre 2012, jour officiel de la réouverture des classes 2012-2013, ont décidé de renvoyer leur mouvement, pour ne pas faire le jeu de partisans du pouvoir qui auraient l’intention de semer le trouble ce 1er octobre au Cap-Haïtien et de le mettre sur leur compte, disent-elles.

Le 28 septembre dernier, 14 partis et plateformes politiques de l’opposition ont fait part de leur appui aux mobilisations lancées contre le gouvernement sur la base des revendications sociales.

Les partis accusent les tenants du pouvoir de pratiquer une « politique démagogique, anti-peuple et anti-nationale ».

Intervenant dans les médias, le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, condamne tout mouvement visant à créer des troubles et prône le dialogue et la concertation pour résoudre les problèmes du pays.

Le président Michel Martelly se trouve depuis une semaine à l’étranger, suite à sa participation à la 67e assemblée générale de l’ONU à New-York. [gp apr 30/09/2012 15 :00]