Perspectives

Haïti-Choléra : Multiplication des alertes dans 4 des 10 départements géographiques


vendredi 1er juin 2012

P-au-P, 1er juin 2012[AlterPresse] --- « Les alertes au choléra se sont multipliées dans quatre (4) des 10 départements geographiques du pays, comme l’Artibonite, le Nord-Est, le Nord-Ouest et l’Ouest au cours du mois de mai [2012] », signale le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha) dans son bulletin du 1er juin 2012 consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Une augmentation de nouveaux cas a été enregistrée dans l’Ile de la Gonâve (à l’ouest de Port-au-Prince) ainsi que dans les camps de personnes déplacées et communautés voisines de Martissant et Carrefour (périphérie sud de Port-au-Prince), constate Ocha.

« L’Artibonite est particulièrement touché, en raison des multiples foyers de choléra, y compris dans des zones isolées, de la contamination des cours d’eau et des mauvaises pratiques d’hygiène »,souligne le Cluster santé.

20% des cas et 17% des décès se trouvent dans le département où le nombre d’organisations - intervenant dans la réponse au choléra - a progressivement diminué, pour passer de 20 à 7 à l’heure actuelle.

Le dernier rapport du ministère de la santé publique et de la population (Mspp) fait état de plus de 7 mille morts (7,188 personnes décédées du choléra) entre le 18 octobre 2010 et le 24 mai 2012.

Le système d’alerte épidémiologique a répertorié la majorité des alertes, depuis le 1er avril 2012, en raison du début précoce de la saison des pluies, signale l’organisation panaméricaine de la santé (Ops).

Réponse réduite face à une éventuelle résurgence de la maladie

La capacité de réponse des partenaires de la santé ne serait pas suffisante, pour faire face à l’épidémie de choléra, si la tendance actuelle devait se maintenir, souligne le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha).

La baisse du niveau de financement humanitaire en Haïti, depuis le deuxième semestre 2011, a réduit la capacité des partenaires de la santé à faire face à une résurgence de l’épidémie, précise Ocha.

Lors du pic de juin 2011, 2,500 lits étaient disponibles dans le pays, contre 814 aujourd’hui, la majorité d’entre eux étant déjà occupésl.

Face aux limites de la baisse des budgets humanitaires, le Cluster santé affirme avoir revu ses priorités pour les six prochains mois (de juin à novembre 2012) en vue de prendre en charge les malades dans les zones touchées par le choléra, en particulier les zones isolées et les camps de personnes déplacées, et de prévenir la propagation du vibrio cholerae et d’autres maladies infectieuses.

Le soutien, à un système de coordination des urgences de santé publique, en cas de catastrophes naturelles, figure, entres autres, dans les priorités.

Propagation du choléra dans les écoles hébergeant des personnes déplacées

Le 16 mai 2012, des cas de choléra ont été répertoriés dans quatre écoles publiques de Martissant (périphérie sud de la capitale), où des camps occupent le périmètre de l’établissement, relève le Cluster éducation.

« Quelque 24 écoles publiques, la plupart d’entre elles délabrées, partagent leurs infrastructures en eau, hygiène et assainissement, avec des camps de personnes déplacées », observe t-il, mentionnant aussi des cas de violence sexiste, de vols de matériels scolaires et des incendies dans ces écoles qui servent de camps.

En collaboration avec notamment Ocha et l’organisation mondiale de la Santé (Oms), Le Cluster éducation entend développer une stratégie commune sur des critères de vulnérabilité cohérents, qui serait à la base des processus de sélection des camps en vue de la relocalisation de leurs résidentes et résidents.

« Influencer les politiques et pratiques gouvernementales, les bailleurs de fonds et d’autres partenaires afin de cibler les personnes déplacées les plus vulnérables et sécuriser l’environnement scolaire », serait l’objectif visé.

La fermeture des camps, installés dans le périmètre des établissements scolaires, - qui est une des priorités du gouvernement de Martelly/Lamothe -, ne prend pas en compte la dignité et le respect du droit au logement des personnes déplacées, selon plus d’uns. [emb kft rc apr 01er/06/2012 14:45]