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Haïti-Justice/Presse : Le maire principal de Thomonde, pointé dans une affaire d’agression contre un journaliste


jeudi 31 mai 2012

Correspondance Ronel Odatte

Hinche, 31 mai 2012 [AlterPresse] --- Une délégation, composée de membres de l’association nationale des médias haïtiens (Anmh) et de S.O.S. journalistes ainsi que de leur avocat, Newton Saint-juste, a déposé une plainte, le mercredi 30 mai 2012, au parquet du tribunal civil de Hinche (chef-lieu du Plateau central) contre le maire principal de Thomonde, Jean Sauverne Delva, accusé d’association de malfaiteurs, selon les informations dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Delva est pointé comme étant directement lié à la tentative d’assassinat sur la personne de Windy Phèle, journaliste/correspondant de Radio Télé Zénith située à Port-au-Prince.

Windy Phèle, 21 ans, a été gravement blessé par balles, dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 mars 2012, lors de la fête patronale de Thomonde.

Son présumé agresseur, le nommé Jean Robert Vob, agent de sécurité rapprochée de Jean Sauverne Delva, aurait déjà pris la fuite.

Au cours du mois d’avril 2012, Jean Sauverne Delva et Jean Robert Vob ont eu l’occasion de s’asseoir avec des autorités judiciaires et politiques de Hinche autour d’une même table.

Néanmoins, personne n’a pu oser mettre la main sur le présumé agresseur par crainte d’attirer la colère de Delva, homme fort de Thomonde, qui s’est toujours présenté comme proche du pouvoir, explique le coordonnateur régional du parti politique convention unité démocratique (Kid), Jean Marie Péralte.

Windy Phèle et plusieurs membres de sa famille sont contraints d’abandonner leur foyer à cause des menaces incessantes de la part des partisans zélés de Jean Sauverne Delva, confirme l’un des avocats de la victime.

Delva a décidé délibérément de ne pas livrer, à la justice son garde du corps qui a usé illégalement de son arme à feu pour commettre le forfait, indique Me. Newton St Juste.

Après avoir reçu une balle au ventre et une autre à l’épaule droite, le jeune Phèle a perdu un de ses reins, se retrouvant ainsi handicapé.

« La justice doit sévir contre le chef de la municipalité de Thomonde et tous ceux qui ont participé dans ce crime crapuleux », souhaite Saint-Juste.

« Nous tenons à ce que le commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal civil de Hinche, Josenel Bissainthe, donne les suites nécessaires à notre plainte contre les violateurs des droits humains », ajoute Saint-Juste.

Le secrétaire général de S.O.S. journalistes, Guyler C. Delva, invite, pour sa part, les autorités judiciaires à ne pas céder aux pressions de Jean Sauverne Delva qui devrait, selon lui, être révoqué et emprisonné pour avoir fait obstruction à la justice.

« Il est clair que l’agent de sécurité rapprochée du maire de Thomonde est celui qui a tiré sur Windy Phèle. Et maintenant, l’assassin s’est caché chez son patron », souligne le journaliste qui encourage le ministère de l’intérieur à mettre fin aux responsabilités municipales de Jean Sauverne Delva, considéré comme un hors-la-loi et un ennemi de la presse.

Depuis l’évènement du 17 mars 2012, la ville de Thomonde est sous tension. Le maire principal Jean Sauverne Delva se retranche chez lui et refuse de faire le point sur les accusations portées contre lui. [ro kft rc apr 31/05/2012 12:09]