A travers Haiti

Haïti-Sécurité : Les hommes en treillis militaire abandonnent leurs bases au Plateau Central


mercredi 23 mai 2012

Correspondance Ronel Odatte

Hinche, 23 mai 2012 [AlterPresse] --- Les individus armés, autoproclamés militaires démobilisés, ont abandonné leurs bases au Plateau Central, constate AlterPresse.

Le camp de Péligre,(route nationale # 3), à 52 km de Port-au-Prince et 9 km de Mirebalais, dans le bas Plateau Central, a été vidé le samedi 19 mai 2012, aux environs de 6:00 am locales (11:00 gmt), quelques heures avant le débarquement d’un contingent de la police nationale d’Haïti (Pnh) assisté de convois militaires de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), confirme l’ex sergent des défuntes forces armes d’Haïti (Fad’H), Fritz Pierre.

Les forces de l’ordre ont pu récupérer, sans difficulté, l’ancien local, logeant le sous commissariat de Péligre, explique un agent de l’unité départementale de maintien d’ordre (Udmo).

« Il n’y a pas eu de résistance, il n’ y a pas eu d’affrontement non plus avec les militaires démobilisés. Nous ne savons pas encore où ils se trouvent », déclare t-il .

Pour sa part, le citoyen Rosny Jean Baptiste, qui habite Péligre depuis plusieurs décennies, exprime ses inquiétudes face à cette situation.

Selon lui, si l’équipe Martelly/Lamothe ne gère pas ce dossier avec efficacité, cela pourrait déboucher sur un conflit armé.

« Les individus, qui occupaient ce camp, étaient au nombre de 50. Aujourd’hui je ne vois que 4 ou 5 policiers, comment pourrais je me sentir en sécurité ? Ces soldats étaient partout et nulle part. Ils faisaient le travail de la police locale pendant plus de 3 mois » dit il.

Joint au téléphone le 22 mai 2012 par AlterPresse, l’ancien sergent Fritz Pierre, qui dirigeait le camp de Péligre, affirme que ses hommes sont toujours là.

Au moment du débarquement des agents de la police nationale et de la Minustah, les militaires démobilisés ont vidé les lieux afin d’éviter des pertes dans le rang de la Pnh, argue-t-il.

« Nous sommes trahis par ceux-là même qui nous ont demandé de nous rassembler. Ceux, qui, autrefois, étaient nos interlocuteurs, nous considèrent aujourd’hui comme des bandits. Nous allons continuer à lutter pour que la remobilisation de l’armée d’Haïti soit effective », réagit Fritz Pierre, qui demande la libération immédiate de ses frères d’âmes, appréhendés le vendredi 18 mai 2012 à Port-au-Prince.

Il menace aussi de « riposter », si rien n’est fait pour satisfaire les revendications de ses camarades souhaitant la remobilisation de l’armée.

Parallèlement, le camp de Papaye (à 7km de Hinche) est vidé également.

Les prétendus militaires démobilisés, qui l’occupaient, sont partis depuis le samedi 19 mai 2012, moins de 24 heures après leur parade dans la Cité Charlemagne Péralte, pour marquer le 209e anniversaire de la création du bicolore (bleu et rouge) haïtien.

Le commandant du camp de Papaye, Joseph Jean-Baptiste, n’a toujours pas, lui aussi, donné signe de vie.

Aucune source policière n’a fait état de cas d’arrestation jusqu’à aujourd’hui mercredi 23 mai 2012. [ro kft rc apr 23/05/2012 11:08]