La Caraibe en un coup d’oeil

Caraïbes-Environnement : La région menacée par une invasion d’algues marines


vendredi 30 mars 2012

P-au-P, 30 mars 2012 [AlterPresse] --- Les algues sargasses envahissent massivement les côtes de la Caraïbes et soulèvent l’inquiétude des habitants de la région, apprend AlterPresse.

La situation est particulièrement alarmante à Antigua et Barbuda où les écosystèmes locaux et les industries clées comme le tourisme et la pêche sont affectées, selon un article de IPS.

« C’est la première fois dans l’histoire que je vois - ou que quiconque dans l’association de pêcheurs voit - une telle mauvaise herbe ’sargassum’ envahir nos côtes », a déclaré à IPS, Gerald Price, chargé de communication pour l’Association des pêcheurs d’Antigua et Barbuda.

Jusqu’ici ni les habitants ni les chercheurs n’ont encore mis le doigt sur la raison exacte expliquant l’invasion des algues Sargassums mais « on estime à l’avance que les masses d’algues pourraient augmenter puisque d’autres orages tropicaux sont prévus pour cette saison des ouragans », a fait savoir Price.

Des courants d’eau évolutifs et des orages plus puissants, du fait des changements climatiques, pourraient expliquer le phénomène. Mais une autre possibilité c’est l’augmentation des températures des océans, et les effets qui en résultent sur les taux de croissance de différentes espèces marines, relève IPS.

L’espèce observée est une macro-algue brune appelée « Sargussum fluitans », une algue flottante que l’on trouve sur la surface de la mer. On la trouve souvent en association avec la mauvaise herbe sargasse (Sargassum natans) qui est originaire des Caraïbes.

Le gouvernement de Antigua et Barbuda a tenté de rassurer les habitants en leur indiquant qu’il n’y a aucun risque immédiat pour la santé.

Mais selon ce que signale Sandra Prescod Dalrymple, spécialiste de la gestion des ressources environnementales à ’ESP Consultants (Caribbean) Inc’, des “effets immédiats’’ sont bien visibles et desagréables, comme la mauvaise odeur, les vermines et les mouches. Des conséquences sur le long terme sur la santé restent également à craindre, surtout pour ceux qui veulent utiliser les plages, ajoute la spécialiste.

Eli Fuller, un spécialiste de l’environnement marin, a exhorté les gouvernements à développer rapidement un plan global pour régler le problème. Selon ce qu’il a déclaré, une situation similaire se développe sur les côtes de l’Afrique, notamment au Sierra Leone, mais en « bien pire ». [ips apr 30/03/2012 10:00]