A travers Haiti

Haïti-Eau : La ville des Gonaïves sevrée par l’Orepa

Trois mois sans eau courante
lundi 19 mars 2012

Correspondance Mergenat Exalus

Gonaïves, 19 mars 2012 [AlterPresse] --- Les résidents de la quasi-totalité des quartiers de la ville des Gonaïves (Nord) éprouvent de sérieuses difficultés à obtenir les services de l’Office régional d’eau potable et d’assainissement (Orepa) depuis début 2012 selon le témoignage des riverains appelant les autorités à assumer leur responsabilité.

L’eau, liquide combien précieux, ne coule pas dans les robinets des foyers gonaïviens suite à des actes de sabotage perpétrés en décembre 2011 sur trois des cinq stations de pompage de la Direction nationale de l’eau potable et assainissement (Dinepa) installées à châtelain (nord-est de la ville).

Les saboteurs qui n’ont pas pu être identifiés ont emporté à cette occasion, un panneau de commande, un contacteur servant à distribuer le courant et plus de mille cinq cent pieds de câble électrique reliant l’Électricité d’Haïti (Edh) au système des stations de pompage.

Des quartiers comme Gattereau, Bienac, K-soleil, Detour Laborde dépendant uniquement du service de l’Orepa sont les plus touchés par cette pénurie d’eau.

Les résidents de ces quartiers affirment à AlterPresse avoir toutes les peines du monde pour répondre à certains besoins essentiels et quotidiens comme la douche, la cuisine et la lessive.

Les puits artésiens restent pour certains un moyen de se dépanner. Le forage d’un puits de ce genre coûte en moyenne quinze à vingt mille gourdes (Us $ 1.00 = 42.00 gourdes ; 1 euro = 61.00 gourdes aujourd’hui).

Mais l’eau des puits n’a pas la confiance des résidents notamment en ce qui concerne sa potabilité. Aussi l’eau « traitée par osmose » vendue dans des boutiques est privilégiée. Ce type de commerce connait d’ailleurs une grande expansion dans la Cité de l’indépendance, échappant au contrôle des autorités sanitaires.

L’eau potable est devenue un véritable enjeu et un défi depuis le choléra, maladie qui s’est répandue de façon spectaculaire à l’automne 2010 dans la ville des Gonaïves. La pénurie d’eau survient dans un contexte de baisse de l’épidémie et alors que l’arrivée des premières pluies de l’année font craindre des flambées.

Contacté par AlterPresse sur ce dossier, l’ingénieur Jude Pierre, responsable du centre technique d’exploitation (Cte) des Gonaïves, évoque des démarches en cours en vue de pallier le problème.

Pierre ne précise pas, pour autant, quand les choses pourront rentrer dans l’ordre et si les mesures peuvent avoir des effets durables.

Tout dépend des responsables du bureau central de la Direction nationale de l’eau potable et assainissement (Dinepa) dans la capitale qui doivent lancer un appel d’offre pour trouver une compagnie capable de réparer le système saboté et vandalisé en décembre 2011, indique-t-il, .

Depuis son installation dans la département, en remplacement du service national d’eau potable (Snep), l’Office régional d’eau potable et d’assainissement (Orepa) est l’objet de vives critiques de la part des gonaïviennes et gonaïviens.

En 2004 et 2008, le passage de plusieurs cyclones avait sévèrement endommagé le système d’alimentation en eau potable de la ville des Gonaïves. [me kft apr 19/03/2012 13:55]