Perspectives

Haïti-Santé/Ethanol : Les autorités rassurent


mercredi 1er février 2012

P-au-P, 1 févr. [AlterPresse] --- L’éthanol ne présente « aucun danger » pour la consommation, déclare le président de la commission santé au Sénat, Wesner Polycarpe, en marge d’une rencontre institutionnelle le mardi 31 janvier 2012.

Le sénateur Polycarpe a eu des discussions avec la ministre de la santé et de la population, Florence Duperval Guillaume, et le directeur de ce ministère, Gabriel Timothée, autour de la circulation de l’éthanol sur le marché haïtien et l’inquiétude que cela soulève.

En janvier 2012, la population de Léogâne (à une trentaine de km au sud de la capitale) a intercepté plusieurs barils d’éthanol et mis le feu à certains.

Il y a une confusion entre le méthanol, produit dangereux, et l’éthanol, inoffensif et largement utilisé dans les boissons et le domaine médical, tient à préciser la ministre Duperval Guillaume,

« L’essentiel, c’est de rassurer la population sur la différence existant entre le méthanol - qui est un poison violent, capable de causer la mort de façon rapide - et l’éthanol - qui est un produit alcoolisé -. Nous retrouvons l’éthanol dans plusieurs substances, notamment les pansements et les liqueurs. L’éthanol n’a pas d’effets néfastes », explique t-elle.

Le méthanol a déjà causé la mort de près d’une quinzaine de personnes dans deux sections communales de l’Arcahaie (à une trentaine de km au nord de Port-au-Prince) en janvier 2011.

De son côté, le sénateur Polycarpe annonce des mesures pour calmer les planteurs qui voient leur production d’alcool perdre du terrain face à l’éthanol, massivement importé ces derniers jours.

Cette situation soulève, notamment à Léogâne, une grogne, aggravée par la peur d’éventuels risques de consommation de l’éthanol.

Il faut que les planteurs de Léogâne « comprennent que ce n’est pas le produit qui a un problème, parce que le ministère du commerce reconnait quatre grands distributeurs dans le pays. C’est l’usage abusif de cet alcool, qui représente un accroc majeur à la production nationale. L’utilisation de l’éthanol tend à s’étendre... sur le marché haïtien », continue la ministre Duperval Guillaume.

Plusieurs planteurs auraient abandonné la culture de la canne à sucre, destinée à la fabrication de l’alcool local, pour la culture de bananes sans le moindre contrôle sur la provenance des intrants.

Le sénateur Polycarpe rassure. Des pistes de solution sont en train d’être envisagées dans le but de calmer les planteurs par rapport à l’importation de l’éthanol, affirme t-il.

Une commission interministérielle, réunissant les ministères de la santé publique et de la population, du commerce, de l’économie et des finances ainsi que de l’agriculture, a été formée autour de la question.

Il s’agit selon le sénateur Polycarpe de « produire des résultats concrets sur l’échantillon qui se trouve entre les mains de la population de Léogane, et d’encadrer surtout les agriculteurs dans plusieurs domaines ».

Le manque de contrôle sur l’importation de l’éthanol en Haïti est vivement dénoncé à Léogâne.

Les planteurs revendiquent, entre autres, la garantie d’avoir des matériels et des moyens pouvant leur permettre de travailler, tels des tracteurs, un système adéquat de canalisation et d’arrosage, des crédits dans des banques agricoles, des crédits pour l’obtention d’engrais, de semences, et la règlementation de l’usage des terres. [jep kft rc apr 01/02/2012 12:30]