Développement durable

Haïti/Caraïbes-Médias : Les radios communautaires « en première ligne » lors des désastres


jeudi 5 mai 2011

P-au-P, 05 mai 2011 [AlterPresse] --- Les stations de radios communautaires sont « en première ligne » au moment des catastrophes, affirme Emmanuel Boutterin, vice-président de l’Association mondiale des radios communautaires (Amarc), en ouvrant, le mercredi 04 mai 2011 en Haïti, un panel de discussions lors de la première conférence sur les radios communautaires dans les Caraïbes.

Tous les ans, du 1er juin au 30 novembre, les pays de la région des Caraïbes font face à des cyclones, les uns plus dévastateurs que les autres.

Animé, notamment par Yolette Etienne, ancienne directrice de Oxfam Grande Bretagne en Haïti, Ashish Sen, vice président de l’Amarc pour l’Asie-Pacifique, le panel a mis en lumière le rôle des radios communautaires en situation de désastres grâce à des expériences conduites dans certains pays.

Haïti fait face à « des menaces multiples » en rapport avec les changements climatiques, telle la montée du niveau de la mer, ou le manque d’accès à l’eau, signale Yolette Etienne.

Les faiblesses en terme d’alphabétisation et la propension d’interprétation mystico-religieuse au sein de la société sont identifiées, par Etienne, parmi les obstacles, susceptibles d’empêcher les communautés de saisir la portée des risques.
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En Asie, lors du tsunami en Indonésie ou des récentes inondations au Pakistan, les radios communautaires ont utilisé plusieurs types de moyens de communication, à l’image de l’Internet ou du téléphone, pour faire leur travail, révèle Ashish Sen, de son côté.

Mais, en ce qui concerne les problèmes d’énergie, courants en Haïti, Sen propose d’explorer d’autres stratégies, comme l’utilisation de crieurs avec des porte-voix pour faire passer les messages dans les communautés.

Ivy Gordon, un responsable de radio communautaire en Jamaïque, évoque, en ce sens, les bénéfices de l’utilisation de l’énergie solaire pour le fonctionnement de ces radios.

Les radios communautaires devraient s’impliquer dans « une mobilisation conscientisante » et la lutte en faveur du changement de l’Etat haïtien actuel, préconise, pour sa part, un responsable de radio communautaire dans l’Artibonite (Nord / Haïti)

La différence entre les radios communautaires dans ces pays et celles qui sont en Haïti a été soulevée au moment des débats.

Ce qui fait la différence des radios communautaires, c’est qu’elles « sont composées d’acteurs sociaux. Dans les radios communautaires, participent des acteurs de la société civile, des citoyens, des citoyennes », souligne la directrice mondiale de l’Amarc, Maria Pia Matta.

« Le droit à la communication garantit également les autres droits. Sans le droit à la parole, sans le droit d’exprimer sa pensée, ses sentiments, il n’existe aucun autre droit…Et c’est ce qui fait l’essentiel et la base des radios communautaires », fait valoir Pia Matta.

« Les radios communautaires ne peuvent faire plus, que ce qu’elles ont déjà fait, sans un appui ou une reconnaissance publique légale ».

La société d’animation et de communication sociale (Saks), qui organise la conférence des radios communautaires des Caraïbes avec l’Amarc, compte soumettre un projet de loi sur ces radios communautaires à la 49e législature. [kft rc apr 5/05/2011 8:03]