Perspectives

Haïti-Télécommunications : Le virus de la grève se propage dans les filiales régionales de Natcom


samedi 16 avril 2011

Par Sylvestre Fils Dorcius

P-au-P., 15 avril 2011 [AlterPresse]---Le mouvement de grève enclenché par les employés de différentes filiales de la région métropolitaine de la Nationale communication (Natcom) se propage à travers plusieurs villes de province, dont Cap-Haitien (Nord), Cayes (Sud), Mirebalais (Est), apprend AlterPresse.

« Il n’y a pas que les employés de la Natcom au niveau de la région métropolitaine qui participent à ce mouvement de grève », rassurent, à tour de rôle, des grévistes de la filiale de l’entreprise à Pétion-Ville (périphérie est). Ils réclament également l’équivalent de 36 mois de salaire en tant que frais de dédommagement en vue de la fin de leur contrat l’été prochain.

Contactés par téléphone, des employés et techniciens de certaines villes de province, confirment qu’ils appuient le mouvement déclenché au niveau de la zone métropolitaine au début de cette semaine en observant, eux aussi, un arrêt de travail « jusqu’à nouvel ordre ».

« Effectivement, nous nous arrêtons de travailler depuis le début de cette semaine. Ce, dans le souci de renforcer nos collègue de Port-au-Prince car, nous aussi, nous sommes concernés par cette situation », informe Jean-Pierre, technicien à la filiale de la Natcom dans la deuxième ville du pays (Cap-Haitien).

Cependant, contrairement à d’autres filiales, les employés de l’administration de Natcom/Cap-Haitien, se trouvant en grande partie dans la même situation que les techniciens, n’ont pas chômé.

« Seuls les employés de la section administrative viennent travailler », admet Jean-Pierre qui réaffirme la détermination des grévistes du Cap-Haitien de mener jusqu’au bout leur mouvement au cas où leurs revendications ne sont pas prises en considération.

Même cas de figure aux Cayes, où les employés de la compagnie de communication ont lancé leur mouvement, le vendredi 15 avril.

« Les demandes des employés de la Natcom des Cayes ne sont pas différentes de celles de nos collègues de Port-au-Prince. Nous avons tous le même statut. La même revendication : le paiement des frais de dédommagement », indique Guillaume.

« Les employés de toues les sections : administration et technique sont en grève jusqu’à satisfaction de nos revendications », précise-t-il.

Indécis, les employés [grévistes] de la filiale de la Natcom à Mirebalais, qui se disent sensibles à la cause de leur communauté, n’observent que partiellement la grève.

« Conscients de la situation précaire de Mirebalais en matière de communication, nous sommes un peu flexible dans le respect de l’arrêt de travail entamé par nos collègues de Port-au-Prince et d’autres villes de province », avance Pedro, un technicien de la Natcom à Mirebalais.

Toutefois, poursuit-il, notre flexibilité ne signifie pas pour autant que nous sommes contre le mouvement.

« Nous sommes des victimes aussi. Nous avons le même statut que tous les autres employés, peu importe le lieu d’affectation. Donc, notre position en termes de revendication ne saurait être le contraire », rappelle Pédro.

La Natcom a pris la succession de l’ancienne compagnie nationale de télécommunications (Téléco) en mai 2010, lorsque le gouvernement haïtien a cédé 60% des actions à la compagnie vietnamienne Viettel.

Le « contrat de modernisation » paraphé entre la Banque Centrale et Viettel s’élève à un montant de 59 millions de dollars.

Selon un document confié à AlterPresse, dans le cadre de l’accord intervenu entre l’État haïtien et le Groupe Viettel, deux plans de départ volontaire ont été proposés aux employés.

Le plan A, selon le document, propose à tous les employés qui souhaitent partir, des prestations légales prévues dans le Code du travail, à savoir : « un préavis, calculé sur la base de leur ancienneté dans la compagnie ; le boni pour la période de janvier à mai 2010 ; le congé pour l’année en cours et une prime de séparation de douze mois de salaire. »

Les employés ayant opté pour ce plan ont reçu sans problème tous les promis suivant le plan A, apprend-on.

Un plan B, présenté dans le même document, propose, par contre, aux employés qui souhaitent rester : « une prime de participation au processus de trois mois de salaire (jouissance de leur ancienneté) ; une garantie d’emploi de douze mois, avec précision d’éventuelle révocation en cas d’insatisfaction des responsables. » Dans ce cas, les procédures légales et administratives devraient être scrupuleusement respectées.

Le nouveau contrat de service des employés qui ont choisi de rester prendra fin le 31 août prochain. A trois mois de la fin de leur contrat de service, à quoi les grévistes peuvent-ils s’attendre ? [sfd gp apr 16/04/2011 12 :00]

A propos de la grevé à la Natcom, voir cette vidéo réalisée par Accès-Médias :