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Haiti : Un président, quelques jours avant la fin de son mandat, trahit sa mission


lundi 17 janvier 2011

Prise de position de Jean-Claude Bajeux, Directeur exécutif du Centre Oecuménique des Droits Humains (CEDH)

Document transmis à AlterPresse le 17 janvier 2011

Haïti a été pendant longtemps un pays respecté.
A travers le monde.
Un pays qui s’était libéré d’un effroyable système d’esclavage
qui avait aidé les combattants de la liberté à travers les Amériques,
un Miranda, un Simon Bolivar.
Et même jusqu’en Europe avait aidé la Grèce.

Voici maintenant un héritage jeté par-dessus bord
Voici que nous avons, maintenant, le privilège d’offrir refuge à ceux-
là même qui ont massacré nos frères nos sœurs.
A ceux qui ont lentement exterminé nos jeunes, nos militants, nos
pères, nos mères, nos épouses et nos enfants, le peuple haïtien, dans
le marécage de Fort-Dimanche et partout dans le pays profond.
Refuge et impunité à ceux qui avaient tranquillement détourné
l’argent du pays dépensant et gaspillant à tous vents
le confiant à la garde de banques étrangères.

OUI, VOICI LE MOMENT DE S’INDIGNER,
OUI VOICI LE MOMENT DE SE METTRE DEBOUT
et de crier d’une seule voix
contre les pasteurs voleurs de troupeaux ou qui le sont devenus,
ces chefs d’état transgressant leur mandat,
gardiens de la maison
offrant à des brigands refuge et protection
au delà de toute décence et de tout honneur.
Sous le prétexte fallacieux qu’il serait venu le temps pour le pays de _ se réconcilier avec soi-même.
En accueillant à la même table les coquins d’hier et d’aujourd’hui.
Pour que le bien se réconcilie avec le mal.

Parce qu’il serait venu le temps de prêcher l’oubli des souffrances
de tant de familles
les tortures et la lente extermination à Fort-Dimanche
la permanente humiliation des sans droits
la différence entre le mal et le bien
qu’il serait venu le temps pour tous d’être compagnons de marche
vers l’avenir en honorant et acceptant l’ignominie d’hier
et qu’il soit dorénavant connu que la République d’Haïti
désormais ne reconnait plus l’existence du crime.

Qu’elle accepte de recevoir sans problème
ceux qui ont fait couler le sang de ses fils et de ses filles
ceux qui ont maintenu tout un peuple prisonnier de la faim et de la misère.

Telle est la nouvelle qu’un chef d’état a lancée au monde
a annoncée à son peuple
vingt et un jours avant le terme de son mandat.