Perspectives

Haiti : Gonaives demeure encore vulnérable aux inondations, malgré d’importants travaux d’infrastructures


lundi 20 décembre 2010

Correspondance – Mergenat Exalus

Malgré les importants travaux de drainage, curage des canaux, traitements des ravines et conservation de sol réalisés par des organisations non-gouvernementales œuvrant aux Gonaïves (nord), cette ville n’est toujours pas à l’abri des inondations. La cité de l’indépendance garde encore les séquelles des derniers ouragans (Jeanne en 2004, Hanna et IKE en 2008) et n’est toujours pas prête à faire face à d’éventuelles inondations.

Gonaives (Haïti), 20 déc. 2010 [AlterPresse] --- D’importants travaux sont en cours actuellement aux Gonaïves, ville côtière de 250 mille habitants (à 171 km au nord de la capitale Port-au-Prince), qui continue de faire face à la menace d’inondations malgré la fin de la période cyclonique.

Les intempéries survenues la semaine dernière en raison du passage d’un front froid sur le pays ont provoqué des inquiétudes chez les populations. Dans certains quartiers réputés vulnérables comme Trou Sable, Ka-Soleil et Assifa, l’eau a envahi des cours et des maisons.

Selon Faustin Joseph, technicien en appui au système de gestion de risque et de désastre de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Gonaïves court encore des risques à cause de la non-réalisation de certains travaux de traitement des bassins versants de Marmelade et Ennery (nord de la ville).

En s’appuyant sur une étude effectuée sur la problématique des inondations aux Gonaïves, Faustin Joseph a révélé que les bassins versants, qui apportent 70% des eaux vers la cité, sont l’une des principales causes des inondations enregistrées.

En aval, d’importants travaux ont pourtant été effectués notamment dans la rivière la Quinte. L’eau de la ravine Durée a été détournée. Suite à des travaux de maçonneries et de bétonnage, un drain de ceinture du mont Bienac est alimenté en saison pluvieuse par les eaux de la Quinte et celles ruisselants des bassins versants environnants. Ces eaux ne présentent plus de risque pour la ville.

Cependant, il semble qu’il reste encore beaucoup à faire. Hérold St-Pierre, haut responsable départemental du Ministère de l’agriculture a annoncé la continuité des travaux de reprofilage de la Quinte. Cette rivière a été curée jusqu’à environ 40 mètres par le centre national d’équipement (CNE). Ces travaux doivent être finalisés dans le cadre d’un projet de l’Agence internationale d’aide américaine (USAID) appelé WINNER.

St Pierre a aussi précisé que dans le but d’éviter l’effet d’entonnoir, les ponts Mapou et Gaudin qui sont jetés sur la Quinte seront élargis à 60 mètres et les travaux de construction ont déjà commencé.

Ces travaux viendront s’ajouter a toute une série de mesures préventives et de préparation prises cette année par les responsables locaux de la protection civile pour parer aux risques de la saison cyclonique qui vient de s’achever.

Il s’agit de l’installation de pluviomètres, de limnimètres (bâtons gradués) et d’un système d’alarme (sirène) sur tous les bassins versants, surtout ceux qui alimentent la Quinte. Ces instruments au nombre de 9 ont été installés en vue de contrôler le débit, la montée des eaux surtout en saison pluvieuse et alerter la population au moment opportun.

Ils sont contrôlés par un réseau d’agents, tous des agronomes, qui ont pour mission d’alerter les autorités de la protection civile sur le niveau des eaux dans les rivières pour les suites nécessaires, selon Youdeline Cherizard Joseph, coordonatrice du comité communal de la protection civile aux Gonaïves.

La coordonatrice a indiqué que la sirène d’alarme qui fait partie de ce système d’alerte précoce peut résonner sur une étendue de 10 kilomètres carrés. [me kft gp apr 20/12/2010 10 :20]