Déclaration de l'Union européenne sur les élections présidentielles et sénatoriales en HaïtiBruxelles, le 1 décembre 2000
L'Union européenne prend note de la proclamation par le Conseil électoral provisoire de l'élection de M. Jean Bertrand Aristide au scrutin présidentiel qui s'est déroulé en Haïti le 26 novembre.
Elle déplore que les élections présidentielles et sénatoriales du 26 novembre aient été précédées d'une vague de violence et notamment d'une série d'explosions qui ont fait de nombreuses victimes et ont en particulier occasionné la mort de deux enfants.
L'Union regrette que les efforts entrepris par l'Organisation des Etats Américains (OEA) n'aient pas abouti à un accord et notamment sur deux questions essentielles :
- la mise en place d'un conseil électoral provisoire indépendant, représentatif des diverses tendances du pays,
- le traitement et la résolution des contentieux issus des élections contestées du 21 mai 2000.
L'opposition a refusé dans ces conditions de présenter des candidats et aucune observation internationale, n'a pu être organisée.
L'Union européenne insiste sur la nécessité de respecter les droits de l'homme et la pluralité démocratique. Elle encourage à la reprise du dialogue entre toutes les composantes de la société haïtienne.
L'Union européenne rappelle qu'à la suite du refus des autorités haïtiennes de tenir compte des observations de l'O.E.A. sur les élections du 21 mai, elle a engagé la procédure de consultations prévue à l'article 96 de l'Accord de Cotonou en vue de trouver des mesures pour remédier à la situation, mais elle n'exclut pas de réorienter sa coopération avec Haïti si aucune solution acceptable ne pouvait être trouvée.
Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne, Chypre, Malte et la Turquie, pays également associés, ainsi que l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, se rallient à cette déclaration.
DECLARATION DE L'OEA SUR LES ELECTIONS EN HAÏTI
Communiqué publié le 27 nov. 00Les élections tenues hier en Haïti pour choisir un Président et neuf sénateurs se sont déroulées conformément au calendrier établi par la Constitution dHaïti, mais sans que des corrections aient été apportées aux graves lacunes enregistrées lors délections locales et législatives par le passé. Suite aux élections tenues précédemment le 21 mai 2000, la Mission dobservation des élections détachée par lOEA avait rapporté que le calcul des résultats proclamés par le Conseil électoral provisoire (CEP) navait été fondé ni sur les dispositions de la Constitution dHaïti, ni sur la loi électorale.
Aux termes de la résolution CP/RES. 772(1247/00) adoptée par le Conseil permanent le 4 août 2000, le Secrétaire général sétait évertué à encourager un dialogue "en vue didentifier avec le Gouvernement dHaïti et dautres secteurs de la communauté politique et civile, des options et recommandations visant à résoudre dans les plus brefs délais possibles les difficultés comme celles qui ont surgi des différentes interprétations de la loi électorale, et de continuer à renforcer la démocratie dans ce pays".
Entre le 16 août et le 20 octobre, quatre missions, la première dirigée par le Secrétaire général et les trois dernières dirigées par le Secrétaire général adjoint, ont donné lieu à un dialogue substantiel, mais il na pas été possible de parvenir à un consensus suffisamment large pour aboutir à un accord national permettant de résoudre la crise politique dans des conditions qui puissent attirer le support de la communauté internationale.
La décision des autorités haïtiennes de poursuivre le processus électoral le 26 novembre malgré labsence dun tel accord permet déviter une interruption du calendrier établi pour le processus de transition à la présidence prévu par la Constitution haïtienne, cependant, elle naltère pas le besoin dassurer une large représentation politique ainsi que la participation des citoyens qui revêtent une importance critique pour lévolution de la démocratie en Haïti.
Aux articles 2.a et 2.b de sa Charte, lOrganisation des Etats Américains sest engagée à encourager et à consolider la démocratie représentative et à aider les Etats membres à créer les conditions voulues pour favoriser la prospérité et la paix parmi les peuples. Fidèle à ses obligations en vertu de la Charte, lOEA demeure prête à épauler le Gouvernement et les forces sociales et politiques dHaïti dans les efforts quils déploient pour renforcer les institutions démocratiques et contribuer à linstauration dun climat de paix et de sécurité dans le pays.
Statement by Philip T. Reeker, Deputy Spokesman
November 27, 2000Yesterday, presidential and other elections were held in Haiti. According to local and international media in Haiti, as well as analysis from resident diplomatic missions including our own, voter turnout was low. Although there were reports of isolated violence, the balloting appears to have taken place without significant incident.
The United States did not send official observers to Haiti or provide electoral assistance because Haitian authorities have not addressed serious irregularities associated with the May 2000 legislative and local elections.
The United States will continue to engage and support the Haitian people in pursuing our mutual interests which include strengthening democracy, improving respect for human rights, eliminating poverty, stemming the flow of drugs through Haiti to the U.S., and addressing the sources of illegal migration.
Responsibility for remedying electoral flaws still resides with the Haitian authorities. Low voter turnout and pre-election violence are strong indicators of the need for reconciliation among all sectors of Haitian society. We urge all Haitians to respect the rule of law and to work together to strengthen democracy and improve the well being of the Haitian people.
© GP 2000