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Par Gotson Pierre
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ARISTIDE PRÉPARE SON RETOUR AU POUVOIR ET L'OPPOSITION EST EN QUÊTE D'UNE "ALTERNATIVE"

La situation politique d'Haïti n'a pas beaucoup change avec les dernières élections du 26 novembre qui on vu la victoire de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide avec plus de 91% des voix, selon les résultats définitifs publiés par le Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Aristide prépare son retour au pouvoir dans un contexte marque par le refus de l'ensemble de l'opposition de reconnaître la légitimité de sa victoire. La main tendue par le président élu en vue d'un "dialogue" avec tous les secteurs est loin de recueillir des réponses favorables, même si elle suscite des réactions diverses au sein de la Convergence Démocratique (CD).

La CD a annoncé qu'elle avait l'intention de proposer une alternative démocratique à Aristide. L'ancien sénateur Paul Denis, membre de la direction de l'Organisation du Peuple en Lutte (OPL), membre de la CD, a fait savoir que l'opposition est a la recherche d'une formule de gouvernement provisoire pour prendre le relais de l'administration Préval le 7 février prochain. "Il faut qu'au départ du président René Préval un pouvoir de transition soit installé dans le pays", a-t-il déclaré.

Au delà de cette annonce de Paul Denis, des nuances et même des divergences semblent apparaître au sein de la CD. D'abord, entre des dirigeants de l'OPL, puisque Gérard Pierre Charles accepte l'idée de dialogue avec la présence de la communauté internationale, tandis que Sauveur Pierre Étienne souhaite seulement discuter avec le président René Préval des conditions de la passation du pouvoir a un gouvernement provisoire.

Cependant, Micha Gaillard du Congres National des Mouvements Démocratiques (CONACOM), également membre de la CD, accepte l'idée de dialogue, mais pour "corriger" les élections du 21 mai et pour discuter de celles du 26 novembre.

Le parti Fanmi Lavalas n'est nullement inquiété par les démarches de l'opposition, a fait savoir Yvon Neptune, porte parole du parti et président du sénat. Neptune s'en remet au "peuple qui dira son mot". Il a rappelé la date historique du 16 décembre 1990, ou le peuple avait fait choix d'Aristide comme premier président librement élu d'Haiti, les 21 mai et 26 novembre 2000, dates des récentes élections législatives, municipales et présidentielles, largement remportées par le parti Fanmi Lavalas.

Mais, Lavalas a dévié et le peuple est a la recherche d'"une alternative neuve" estime Gérard Blot, dirigeant du parti Tèt Ansanm, issu du secteur lavalas. Le peuple, dit-il, ne veut nullement revenir a ses "anciens bourreaux" ou ceux qui lui ont toujours voué le mépris. Blot pense que tout "dialogue sérieux" doit se pencher sur "les abus et injustices" relevés lors des élections du 21 mai. Il doit examiner également les élections du 26 novembre "qui compliquent davantage la situation". Ce dialogue doit viser aussi le redressement de la situation du pays, ajoute Gérard Blot.

Le président Préval a de son coté fait part de sa disposition a dialoguer avec les partis d'opposition, tout en mettant en place les conditions du transfert du pouvoir a Aristide, dans le cadre de la continuité de l'État. Le 30 novembre il a félicité le président élu et discuté avec lui de la mise en place d'une commission conjointe de transition.

Les militants d'organisations des quartiers populaires proches de Fanmi Lavalas reprennent systématiquement sur les ondes de la Télévision Nationale le mot d'ordre de "paix" lancé par Aristide et se disent disposés a favoriser un climat de tranquillité dans le pays en vue de faciliter la relance de l'économie. Ils n'écartent toutefois pas de reprendre du service si les partis d'opposition s'avisent de provoquer un chambardement, avertissent-ils.

Jusqu'à présent, les positions prises autour des dernières élections par la communauté internationale, de l'Organisation des États Américains (OEA) a l'Union Européenne (UE) en passant par les États-Unis et le Canada, oscillent entre un constat de l'étape franchie sans aucune correction du processus électoral, la mise en avant de la nécessité de réconciliation et la menace de modifier la coopération avec Haïti.

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