10 ans de l'Internet en Haïti : Franchir une nouvelle étape

Accueil
Objectifs
Activites
Programme
Deroulement
Reactions
(Réflexions, préocuppations et experiences des uns et des autres)


Support promotionnel
Radyo Kiskeya
Radio Nationale
Melodie FM
Signal FM
Radio Ibo
Radio Caraibes
Univers FM
Le Nouvelliste

Partenaire
REHRED


Haiti : 10 ans après, progrès significatif en matière de TICs, mais …


A l’occasion de la 4ème édition de la Fête de l’Internet en Haïti, le Télécentre des Jeunes lance une section intitulée « Ressouces Jeunes ». Il s’agit d’un espace où les jeunes qui sont à la recherche d’un emploi peuvent déposer leur CV on line. Au fur et à mesure, il sera constitué une banque de ressources jeunes où les employeurs pourront venir puiser.

  Fête de l'Internet en Haïti
Quatrième édition - 22/23 mars 2005

Forum sur « 10 ans de l’Internet en Haïti : bilan et perspectives »
Initiative du Groupe Médialternatif en partenariat avec le REHRED

Haiti / Internet : Avancées et insatisfactions après 10 ans d'expérimentation

Un important débat entre autorités étatiques et différents acteurs des Techonologies de l'Information et de la Communication (TICs) s'est tenu à Port-au-Prince le 22 mars à l'Initiative du Groupe Médialternatif et du Réseau Télématique Haïtien pour la Recherche et le Développement (REHRED) dans le cadre d'un forum bilan sur les 10 ans de l'Internet en Haïti.

Des questions liées à la politique, la réglementation et l'environnement technologique haïtien ont été abordées dans cet échange auquel ont pris part le secrétaire d'État aux Télécommunications, Jaunasse Élysée, le Directeur du Conseil National des Télécommunications (CONATEL), Jean Michel Boisrond, le Coordonnateur du REHRED, Schiller Jean Baptiste et le Président du Centre d'Appui aux Initiatives de Technologie de l'Information (CAITI), Guyverson Vernous.

Élysée a indiqué que l'État haïtien travaille actuellement à la mise en place d'un cadre global et d'un schéma directeur en vue du développement des TICs en Haïti. Le pays s'est engagé par rapport à un plan d'action international et des avancées ont été enregistrées par rapport à l'intégration d'Haïti dans la société de l'information, a-t-il ajouté.

De son coté, Jean Michel Boisrond a souligné l'inadéquation de la législation haïtienne vis-à-vis de la situation actuelle en matière de télécommunications et a annoncé un ensemble de dispositions et projets relatifs au paysage communicationnel d'Haïti.

« Les failles au niveau de la législation (qui date de 1987) n'empêchent pas une saine gestion » des télécommunications, a soutenu Boisrond, soulignant des dispositions prises pour contrôler les opérations, « dynamiser » le secteur et encourager « la compétition ».

Il a fait part d'un projet étatique de 20 millions de dollars visant à rendre Internet disponible dans les 135 communes d'Haïti ainsi que des démarches pour favoriser l'accès du pays à une large bande passante.

Certaines dispositions, telles que celles visant au contrôle des cybercafés, à l'extension et l'augmentation de la fiscalité, ont soulevé la controverse au sein de l'assistance. Des intervenants ont fait part de leur crainte que le consommateur final soit pénalisé. Tout en reconnaissant la necessité d'un développement harmonieux, ils ont exprimé leur appréhension que des mesures indiscriminées nuisent aux perspectives d'accès universel de la population aux TICs.

A propos de l'environnement technologique haïtien, Schiller Jean Baptiste a relevé que « les questions superstructurelles n'ont pas beaucoup évolué », que la gestion de l'infrastructure est « inadaptée », malgré les progrès enregistrés dans ce secteur où un nombre important d'opérateurs est entré sur le marché.

Guyverson Vernous a mis l'accent sur le fossé numérique qui affecte Haiti, où, suivant les données internationales, on compte moins de 10 utilisateurs sur 1000 habitants. La présence web du gouvernement est quasi nulle, a-t-il souligné.

Les politiques visant à combler le fossé numérique doivent être bien réfléchies, a cependant mis en garde Vernous. Il faudrait veiller a ne pas « élargir le fossé économique » (par un déséquilibre plus important de la balance des paiements) en essayant de rendre disponible les outils des TICs.

Vernous a préconisé la mise en place d'une structure légale qui s'occupe des grands enjeux en matière de TICs, sur la base d'un plan global défini. Il a aussi encouragé des mesures pour assurer la visibilité web d'Haïti et une meilleure gestion du domaine .ht.

A propos du domaine .ht, on a appris que la compagnie Yahoo ainsi que d'autres grandes entreprises multinationales ont déjà enregistré « leur .ht ».

Beaucoup de questions ont été soulevées parmi les participants à ce forum qui ont exprimé leur insatisfaction vis-à-vis de l'évolution d'Internet en Haïti. Pourquoi a-t-il fallu 7 ans avant que le domaine .ht soit une réalité, s'est-on interrogé. Pourquoi pas de subventions étatiques en vue d'équiper les écoles, s'est-on demandé.

Les participants ont admis qu'en dépit de nombreuses carences, le développement d'Internet a eu un impact positif sur toutes les couches de la population haïtienne. Il faudrait étudier les incidences positives de l'Internet sur l'augmentation des transferts de l'étranger vers Haïti, a lancé un participant.

Haiti / Internet : « Le bilan n'est pas si mitigé que ça »

« Le bilan n'est pas si mitigé que ça », ont conclu des intervenants et participants au forum bilan sur les 10 ans de l'Internet en Haiti, tenu à Port-au-Prince les 22 et 23 mars, à l'occasion de la 4ème édition de la Fête de l'Internet en Haiti.

Lors de la deuxième journée de ce forum, organisé par le Groupe Médialternatif en partenariat avec le Réseau Télématique Haïtien pour la Recherche et le Développement (REHRED), les échanges ont porté sur « Services et applications liés aux TICs en Haiti » et « Utilisateurs et usages des TICs ». Ils ont bénéficié de l'apport de spécialistes tels que Patrick Attié, vice-recteur de l'École Supérieure d'Infotronic d'Haiti (ESIH), Stéphane Bruno et Sheila Laplanche du Projet d'Accompagnement d'Haïti dans la Société de l'Information (AHSI) et Fritzie Leroy du Centre d'Accès à l'Internet de l'Agence Universitaire de la Francophonie.

« On est très loin derrière » en matière de TIC, mais Haïti a des potentiels considérables, selon Patrick Attié, qui dresse un tableau des faiblesses et des forces du pays en ce qui concerne le développement technologique. A coté de la situation socio-économique difficile et les irrégularités administratives qui ne favorisent pas le progrès technologique, Attié souligne que Haïti est essentiellement consommateur de produits technologiques et n'assure pas la formation adéquate de ressources capables d'intervenir dans les domaines de la haute technologie.

Cependant, Attié n'écarte pas que Haïti peut devenir un acteur important sur les marchés de haute technologie, si le pays se montre « plus agressif et moins complexé », s'il fait place à l'innovation et s'il arrête de considérer les créneaux courants et se positionne en vue « des combats de l'avenir ».

Parmi les potentiels favorables à une telle évolution, il y a la tradition de culture orale et visuelle de la société haïtienne, son « contexte typique de pays émergent », le dynamisme du secteur universitaire, l'évolution rapide de la connectivité et des possibilités de financement international. Le professeur invite à « travailler sur l'intelligence » et à mettre au point de « nouveaux savoir-faire qu'on peut vendre sur le marché international ».

A propos de savoir-faire vendable à l'extérieur, Stephane Bruno indique que l'expertise haïtienne en matière de gestion de nom de domaine est très sollicitée au niveau des pays africains. Ils souhaitent bénéficier de l'expérience de l'administration du domaine .ht qui a déjà rapporté à Haïti plusieurs dizaines de milliers de dollars.

L'Expert National du Projet AHSI a cependant souligné un faible développement du commerce électronique en Haïti, à cause de l'absence d'une plate-forme de commerce électronique locale. Ces services se cantonnent presque essentiellement au niveau du secteur bancaire.

Au niveau de l'administration publique, aucun exemple de service en ligne n'est noté. Pourtant, selon Stéphane Bruno, l'administration électronique pourrait favoriser une amélioration des prestations de l'État. L'action gouvernementale pourrait avoir un effet d'entraînement par rapport à tous les secteurs de la société.

En ce qui concerne l'utilisation des logiciels, Stéphane Bruno croit qu'il y a une « petite évolution » en Haïti, où les logiciels libres (pour lesquels on ne paie pas de licence d'exploitation) commencent à être prisés. Ces programmes informatiques « favorables aux pays en développement » devraient permettre aux Haïtiens de « mieux se positionner ».

Sur le plan des utilisateurs et des usages, à l'origine, le courrier électronique représente le « moteur » du développement de l'Internet en Haïti, constate Sheila Laplanche. Plus tard, ajoute-t-elle, satisfaisant à des besoins individuels, la téléphonie transforme l'Internet haïtien en un « fait ».

Selon Laplanche, de plus en plus, les écoles tendent à s'équiper en matériel informatique. Pourquoi s'interroge-t-elle, en indiquant que l'informatique dans les établissements d'enseignement élément est plutôt majoritairement considérée comme un « élément de différenciation » qui assure une bonne place dans la compétition.

Dans le commerce, ce sont surtout les entreprises du secteur touristique qui font un usage plus dynamique jusqu'à présent de l'Internet dans leurs activités quotidiennes, relève la spécialiste. Les réservations d'hôtel par Internet sont de plus en plus courantes, précise-t-elle.

Dans l'administration publique, poursuit Laplanche, on assiste à un nouveau phénomène où les procédures de correspondance se transforment avec l'introduction du courrier électronique. La correspondance électronique, qui bouscule dans de nombreux cas les normes de la communication dans le secteur public, impose de nouvelles règles qui doivent être mises en place pour l'archivage des correspondances.

Des changements s'opèrent dans le comportement de l'Haitien avec l'utilisation d'Internet, note Sheila Laplanche, tandis que des défis pointent à l'horizon, par exemple la maîtrise du temps, car l'Internet a réduit considérablement les délais. Elle met l'emphase sur le travail collaboratif qui se développe à travers l'Internet en Haiti en vue de l'innovation.

D'autre part, des « bouleversements » se produisent au niveau des rapports professeur/élève « sans qu'on s'en rende compte », indique l'experte. Un élève qui consulte Internet n'est plus un enfant passif attendant que son professeur lui apporte toutes les données, souligne Laplanche. Dans ces circonstances, le professeur se doit de revoir son rôle, ajoute-t-elle.

A partir de l'expérience du Campus Numérique à Port-au-Prince, Fritzie Leroy observe que les jeunes manifestent un besoin de formation et d'information mais sont très peu au courant des sources spécialisées disponibles sur Internet.

Pour répondre à ce besoin, le Campus a préparé un guide informatif de sites pertinents en matière d'enseignement supérieur. Un ensemble de supports est également disponible, constitué de cours et de documents rares numérisés. « La formation à distance se développe », indique Fritzie Leroy.

Mais ces efforts ne représentent pas l'attitude générale vis-à-vis des TICs et « Internet est comme un gâteau dont les Haitiens mangent seulement le sucre », estime Leroy. « Nous devons changer notre manière de consommer Internet et développer une vision commune », conclut-elle.


Le forum s'est tenu a la salle polyvalente de la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL)

Compte-rendu : Gotson Pierre

Photos : Ladenson Fleurival

Groupe Medialternatif | AlterPresse | Internet Fiesta | Fete Internet Haiti 2004

© Groupe Medialternatif 2005 / Cette page : www.alterpresse.org/fi2005/deroul.html